Déclaration au CTA du 1er avril 2016

samedi 9 avril 2016
par  Audrey Moreau
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Nous sommes aujourd’hui réunis à l’occasion du premier CTA de votre mandature et nous espérons pouvoir mener avec vous un dialogue social constructif dans l’intérêt de nos élèves et du système éducatif de la Réunion. Comme nous l’avons exprimé lors de l’audience que vous nous avez accordée, la FSU est soucieuse de faire avancer plusieurs dossiers concernant notre territoire. Un territoire marqué par des difficultés structurelles et des retards qui handicapent les chances de réussite de nos élèves. En premier lieu, le calendrier qui sera mis en place à compter de 2017 mérite un débat sérieusement mené, sans esprit partisan, qui n’écarte aucune option et ce dans l’intérêt exclusif de l’élève. La langue régionale doit trouver véritablement sa place dans nos établissements ; elle ne peut pas se réduire à une option proposée dans quelques établissements volontaires. En outre, la réforme du collège en menace l’existence même dans les quelques collèges où elle est implantée. Nous demandons une politique volontariste de l’institution qui permette que cet enseignement soit proposé partout ; il en va de la réussite de nos élèves.

Sans empiéter sur les débats de ce jour, la FSU tient cependant à alerter sur les insuffisances du calibrage des postes qui se traduisent par des problèmes de remplacement et de nombreuses heures de cours perdues. Il est bien dommage de laisser partir des collègues à la suite de mutations non souhaitées quand des besoins existent. Par ailleurs, le redécoupage des zones de remplacement en 2 zones a été imposé par l’administration contre l’avis unanime des représentants des personnels. Loin d’apporter la moindre amélioration, il a au contraire provoqué de plus grandes difficultés pour les collègues assurant les remplacements.

La FSU plaide depuis des années pour un plan de rattrapage pour faire face à nos retards et un « état d’urgence éducative » qui passe par l’octroi des moyens de l’éducation prioritaire dans tous les établissements de l’académie. Il s’agit là non seulement d’un enjeu scolaire mais aussi d’un enjeu de développement. Un élève qui réussit à l’école deviendra un jeune bien formé avec davantage de chances d’insertion sociale.

Ce CTA se situe également au lendemain d’une mobilisation massive contre le projet de loi El Khomri. Le service public et donc le Service Public d’éducation ne seront pas épargnés par cette loi si elle n’est pas retirée. En effet, plusieurs des principes généraux du Code du Travail s’appliquent dans la fonction publique. Il en est ainsi de la durée légale du travail mais aussi de toutes les dispositions relatives à la santé au travail. En la matière, ce projet ne fera qu’aggraver une situation déjà très problématique, ne serait-ce qu’en renonçant au devoir de protection du salarié au profit d’une simple gestion des risques et en inversant là aussi la hiérarchie des normes dans la mesure où ce serait au salarié de s’adapter au poste et non plus l’inverse.

Ce sont pourtant les mauvaises conditions de travail qui génèrent des problèmes de santé, de sécurité mais aussi des conflits entre les collègues et la hiérarchie, on vient de le voir. Le CHS-CT doit être consulté avant toute décision relative à l’organisation du travail, aux conditions de travail ou en cas d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité des personnels.

La rentrée prochaine sera marquée par la convergence de plusieurs réformes d’ampleur : réforme des programmes pour les 4 niveaux de collège, réforme du collège, réforme du livret scolaire et réforme du DNB. Cette situation inédite pourrait potentiellement avoir un impact sur les conditions de travail et donc la santé des personnels dans ces établissements : augmentation de la charge de travail, engendrant stress et fatigue, difficulté pour mettre en œuvre ces différents bouleversements, sentiment d’incapacité professionnelle à répondre aux demandes de l’institution. Un suivi des effets de ces bouleversements s’impose ainsi qu’une sensibilisation en direction des chefs d’établissement. Il ne faudrait pas ignorer cet aspect comme a été ignoré l’impact de la réforme de la voie professionnelle et surtout du passage du Bac Pro à 3 ans en termes de risques psycho-sociaux ; en effet ces réformes ont généré de nombreuses difficultés pour les PLP. La FSU est toujours dans l’attente d’un Groupe de Travail sur le malaise des PLP, pour lequel à ce jour aucune date n’a été programmée. Il faudra également répondre aux difficultés que rencontreront les collègues face aux réformes à venir.

Les grandes transformations du travail ces dernières années (lycée, missions des COPsy, nouveaux rythmes scolaires, restructurations de services, etc...) l’ont montré. Faites à marche forcée en refusant de prendre en compte l’avis des personnels, en les contraignant à s’adapter aux nouvelles prescriptions, elles ont eu des répercussions sur la qualité du travail, sur la qualité de vie au travail et sur la santé des agents. Les injonctions descendantes, parfois contradictoires, les abus d’autorité -pourtant évitables- et les formations technocratiques visant à promouvoir des réformes dont le contenu et les modalités sont contestées par la profession ne constituent pas la bonne démarche. Et sur ce point, l’Éducation Nationale ne semble toujours pas prête à tirer les enseignements des erreurs passées, comme le montre la méthode choisie pour réformer le collège ou les rythmes scolaires par exemple.

Mais alors où sont passés les belles paroles de Mme La Ministre qui nous promettait je cite : « 4000 postes qui vont accompagner cette réforme car ce n’est pas une réforme qui se fera à moyens constants ». Eh bien si on regarde la situation de notre académie on voit bien que la réforme du collège nous a tous mobilisé pour finalement aboutir à un vaste redéploiement. Tout ça pour ça ! Alors qu’on nous promettait monts et merveilles pour fonctionner mieux, pour que les élèves réussissent mieux ; finalement au collège on a une centaine de postes supprimés et une centaine de postes créés. Quelle belle entourloupe ! On a vu aussi dans un précédent CTA que dans les DGH, le H/E était inchangé, c’est bien la preuve qu’on fonctionne à moyens constants.

Et avec tous ces éléments à charge, il va falloir expliquer ou plutôt faire croire aux parents d’élèves que leurs enfants pourront mieux réussir dans des classes à effectifs trop nombreux car... car la classe sera organisée en petits îlots, ça change tout ! Il va falloir leur faire croire que leurs enfants pourront mieux apprendre l’histoire géographie (base de la culture commune, elle-même à la base du vivre ensemble ; concept très à la mode de nos jours) parce que... parce qu’ils vont passer, selon un exemple donné par le Ministère, jusqu’à 3h par semaine pendant un semestre à rédiger un magazine sur la machine à vapeur. Il va falloir leur faire croire que leurs enfants pourront avoir accès à l’excellence parce que dans presque tous les quartiers il y a des sections bilangues, du grec, du latin... Ah non, ça c’était avant. Non, ils auront accès à l’excellence parce que... ah parce que c’est la réforme qui le dit. Désolée, j’ai pas trouvé mieux.

La grande majorité de la profession ne soutient absolument pas cette réforme, et même dans les formations qui la promeuvent et auxquelles on assiste, on voit bien la difficulté de ceux qui les animent à adhérer à ce projet ; quand ils ne nous le disent pas plus clairement. Force est de constater qu’avec cette réforme et ses nouveaux programmes, Mme La Ministre a définitivement éteint toutes les Lumières (avec une majuscule, j’insiste) puisque « Sociétés et cultures des Lumières » est désormais une thématique facultative. Pendant ce temps-là, et ce n’est pas élitiste que de le dire, le niveau baisse Monsieur le Recteur et même chez nos ministres. L’Education Nationale mérite tellement mieux car elle reste le dernier lieu où peut se forger la communauté des citoyens et elle est la dernière possibilité et souvent la seule voie d’accès à l’émancipation sociale et culturelle des plus défavorisés.

Il est encore temps de retirer cette réforme.


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