LPC : en attendant mieux !

lundi 10 septembre 2012
par  Audrey Moreau
popularité : 1%

Une première brèche semble se dessiner dans l’application du LPC. En effet le Ministre a annoncé une version simplifiée de ce livret mais ceci ne remet pas fondamentalement en cause ce dispositif que le SNES critique fortement depuis sa création. Voir l’annonce du Ministre : http://www.education.gouv.fr/cid614...

Rappelons quelques arguments :
- La mise en place de ce mode « d’évaluation » est compliquée pour les enseignants qui multiplient alors les évaluations sans véritable cohérence pédagogique. Il est en effet compliqué de savoir à quel moment une compétence peut être considérée comme acquise.
- Ces difficultés découlent notamment de la nature même des critères ou « compétences » évaluées. Beaucoup des intitulés demandent des évaluations d’ordre subjectif (esprit critique, « curiosité » artistique, autonomie face au monde de l’entreprise …) qui mettent en jeu et en jugement la personnalité des élèves et non plus seulement leur scolarité ou leur progression disciplinaire.
- D’ailleurs, la validation ou non des items se fait, en dernier ressort, par le chef d’établissement.
- Par son organisation thématique, le livret de compétences tend à nier la spécificité de nos disciplines. Ce qui semble se dessiner ici, c’est bien la bivalence disciplinaire demandée aux enseignants avec négation de leur formation universitaire spécifique et leur formation pédagogique initiale. (On ne dit plus « professeur de ... » mais enseignant)
- le livret de compétence a été épinglé par la Ligue des Droits de l’Homme pour les recoupements qu’il peut permettre avec d’autres sources informatiques d’information, comme les fichiers du Pôle emploi et Base élève, ce dernier étant transféré automatiquement dans Sconet,
- Le risque semble donc bien être de voir disparaître les modes traditionnels de qualification par diplômes nationalement reconnus -dont le Brevet- et leur remplacement par des grilles de « compétences » arbitrairement sélectionnées, justifiant les formations continues à certaines compétences en fonction de la demande des employeurs et donc la précarisation des futurs demandeurs d’emploi.
- Enfin, ce dispositif ne permet en rien la réflexion sur le type d’aide à apporter aux élèves en difficulté. Les enseignants ont toujours eu à cœur d’apporter aide aux élèves et remédiation à leurs difficultés. Mais, par son fonctionnement même qui, pour l’élève, se résume à deux alternatives : « t’es compétent ou t’es pas compétent », ce livret interdit les discours patients et désintéressés qui permettaient la progression et l’apprentissage.


Navigation

Articles de la rubrique

  • LPC : en attendant mieux !