LES TZR DE LA REUNION : UN BILAN CALAMITEUX

mardi 5 février 2013
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En ce milieu d’année scolaire 2012-2013, force est de constater que la situation des collègues Titulaires en Zone de Remplacement ne cesse de se dégrader.

Les TZR ne sont jamais prévenus à l’avance, si ce n’est par voie syndicale, d’une éventuelle affectation à l’année. Le jour de rentrée constitue très souvent un jour de découverte ayant parfois la saveur amère d’un cadeau empoisonné… Concrètement, le collègue effectue sa pré-rentrée dans son établissement de rattachement, puis doit le quitter bien vite pour prendre connaissance de son remplacement, souvent sur la foi d’un coup de téléphone ou d’un simple mél.

La faute à une rentrée mal préparée : un Groupe de Travail (GT) unique s’est tenu à la mi-juillet pour résoudre l’ensemble des problèmes d’affectation alors même que les moyens n’étaient pas entièrement connus, et que les informations transmises par l’administration se révélaient parcellaires ou erronées ! Un tel GT, aussi éloigné de la date de rentrée scolaire, est donc source de cafouillage, mais aussi d’injustices : faute d’informations et conséquence d’une telle précipitation, de nombreux collègues n’ont pas compris le nouveau système de vœux d’affectation à l’année mis en place depuis 2011 sur le serveur académique. Quant au barème concernant ces affectations en remplacement à l’année (le même que celui du mouvement intra, garantissant une équité de traitement entre les collègues), il est appliqué dans plusieurs cas de façon fantaisiste (ainsi, à barème égal, le rectorat a classé les collègues dans l’ordre alphabétique…).

Le SNES de La Réunion revendique donc un véritable GT pour les TZR, qui se tienne juste avant la rentrée dans des conditions claires et sur la base de sources fiables.
Pour ce qui est des conditions d’exercice des TZR dans notre académie, là aussi le bilan est sombre. De trop nombreux enseignants se voient dézonés, sur des critères ignorant la géographie la plus élémentaire de notre île. En effet, si un TZR peut être envoyé, par nécessité de service, dans la zone-frontière à sa zone d’exercice, cette notion de frontière doit évidemment inclure un axe routier : la zone de St Benoît ne peut donc être considérée comme limitrophe à la zone de St Paul, à moins de croire que les sentiers de Mafate constituent des axes routiers, et que les enseignants TZR suivent l’entraînement de Kilian Jornet !!!

À ces difficultés d’éloignement, s’ajoutent les pressions de certains chefs d’établissement pour passer outre le délai pédagogique (en général 48 heures) nécessaire à tout TZR pour préparer son remplacement dans de bonnes conditions. Car, en effet, l’on demande au TZR une adaptation rapide, une efficacité immédiate dans un contexte qu’il découvre, au sein d’un établissement qui a ses propres problématiques, sur des postes où l’on veut, même pour une durée de remplacement très limitée, lui confier des missions et projets spécifiques. Par exemple, il n’est pas rare de voir certains collègues affectés sur des postes en liaison école-collège, alors qu’ils n’en ont fait aucunement la demande, et qu’ils ne se sentent pas forcément capables d’assurer une telle mission.

Plus grave, certains collègues, notamment en physique-chimie, sont affectés sur des postes à complément de service dans d’autres disciplines (en mathématiques notamment où les besoins sont abyssaux), voire affectés en lycée professionnel sur des services à deux disciplines. Rappelons qu’un TZR est un enseignant, certifié ou agrégé, dans une discipline : ce type d’affectation constitue une atteinte au métier d’enseignant dans le secondaire. Par le truchement du remplacement, il s’agit d’accoutumer les enseignants à une intolérable situation de bivalence.

Il faut enfin évoquer les sentiments souvent douloureux des professeurs TZR qui se sentent marginalisés par l’Éducation Nationale, et qui ont parfois l’impression de n’être là que pour combler des vides plutôt que d’exercer pleinement le métier qu’ils ont choisi et pour lequel ils ont été formés. Certaines suppléances sont si courtes (1 à 2 semaines) que le collègue en arrive à se demander s’il ne fait pas de la garderie. Puis, il peut être amené à exercer dans deux ou trois établissements différents en même temps, ou encore il peut avoir à fréquenter plus de dix établissements en une année : autant de niveaux à préparer, d’élèves à qui enseigner, de contextes spécifiques différents, certes enrichissants, mais aussi sources de difficultés. Enfin, il est conduit à exercer très souvent en établissement sensible (dit APV) sans que cet exercice n’amène, comme pour les autres collègues, de bonification quant à la mutation.

Pour toutes ces raisons, le SNES Réunion entend défendre les collègues TZR afin que la difficulté de leur statut soit reconnue et prise en compte, et que leur formation et qualification (identiques à celles d’un titulaire de poste fixe) soient totalement respectées. Le SNES réitère sa revendication d’une bonification pour un remplacement en établissement APV excédant la moitié de l’année scolaire. Derrière un acronyme déshumanisant existe un véritable enseignant, fier de son métier, et qui souhaite l’exercer au mieux.


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