CAPA liste d’aptitude pour l’accès au corps des agrégés

Déclaration liminaire du SNES, SNEP et SNESup (FSU)
samedi 30 mars 2013
par  Santiago Alonso
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Déclaration liminaire du SNES, SNEP et SNESup (FSU)
CAPA liste d’aptitude pour l’accès au corps des agrégés
28 mars 2013

Monsieur le Recteur,
Mesdames et Messieurs,
Chers Collègues,

Les syndicats de la FSU présents à cette CAPA :
SNES pour le second degré,
SNEP pour l’EPS
• et SNESup pour le supérieur,
font le constat que la situation de l’enseignement continue à se dégrader malgré les engagements fermes des nouveaux gouvernants et leurs promesses de rompre avec la spirale délétère des suppressions de postes.

La stratégie de l’austérité, qui prétend relancer la croissance en accentuant les restrictions budgétaires, loin de doper l’économie du pays, a déjà montré ses limites. De nombreux experts, FMI en tête, en conviennent, les effets pervers de cette politique donnent des résultats catastrophiques, contraires à ceux recherchés.
Dans ce contexte de crise de la Zone Euro et de défiance à l’égard de nos institutions on agite la menace de la récession pour justifier le manque d’ambition du projet pour l’Éducation.
Quelques « mesurettes » frileuses sont censées calmer le mécontentement des personnels et le tour serait joué ?
Exemple : les EAP (Emplois d’avenir professeur) qui permettront sans doute de masquer un peu le ratage de la mastérisation des emplois, de gonfler un peu les chiffres du recrutement ,mais qui ne résoudront en rien le déficit en personnels qualifiés à mettre d’urgence devant les élèves dans certaines disciplines.
Que dire de l’entrée dans la carrière, dans des conditions d’exercice dégradées, sans réelle formation, sur des postes non adaptés pour des débutants ? Que penser des démissions massives de professeurs stagiaires ?
Et que dire aussi du gel ou des timides hausses de salaires qui laissent nos lauréats à bac + 5 dans le peloton de queue des pays de l’OCDE ?
Comment s’étonner alors du peu d’engouement que suscitent les métiers de l’éducation chez les jeunes diplômés et de la désaffection grandissante pour les concours de recrutement ?
Les quelques postes supplémentaires proposés aux CAPES et agrégations ne trouveront peut-être pas preneur cette année, quand on sait que le nombre d’inscrits aux épreuves d’admissibilité ne rendra pas possible la sélection d’un candidat sur deux, voire de deux candidats sur trois dans certaines disciplines, celles-là même pour lesquelles notre rectorat recrute des contractuels, à grand renfort de publicité sur son site Internet.
Verrons-nous cette année encore des mouvements d’humeur de nos jurys de concours ? Devront-ils brandir à nouveau la menace de la démission pour que le Ministère prenne enfin conscience de la profondeur du malaise et s’atèle à proposer des remèdes lucides et efficaces ?
Le problème est épineux certes, mais des solutions existent qui méritent d’être étudiées.
Il faut recruter de toute urgence. Dans ce but, on doit :

1. Augmenter substantiellement le nombre de postes mis au concours pour attirer les candidats.

2. Pourvoir tous les postes, en ayant recours, si nécessaire, aux listes complémentaires, (comme le préconise l’article 5 du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés). Ce décret permet d’établir une liste complémentaire afin d’assurer, en cas de défection, le remplacement des inscrits sur la liste principale d’admission, à hauteur de 20 % du nombre total de postes offerts pour l’ensemble des concours externes et internes.

3. Transférer les postes non pourvus à l’externe vers le concours interne correspondant.

4. Recruter comme certifiés des admissibles à l’agrégation non reçus à l’oral.

5. Augmenter le nombre des promus sur liste d’aptitude en passant de 1/7 ème à 1/5ème des agrégés titularisés dans l’année.

Sur ce dernier point, les syndicats de la FSU réaffirment leur attachement à ce mode de promotion des collègues, qui doit rester une voix statutaire pour permettre la revalorisation des fins de carrières.

De même nous souhaiterions, pour apporter plus de transparence et une plus grande équité, que soit proposé un barème qui prenne en compte et chiffre une série d’éléments, tels que ceux énumérés dans le paragraphe V de la note de service n° 2012-206 du 27-12-2012 adressée aux rectrices et recteurs par le ministre de l’Education nationale.
Ce barème aurait le mérite de lever toute ambiguïté sur le choix des promouvables, choix laissé pour la plus grande part à la discrétion des IPR et chefs d’établissement. Et nous pouvons craindre malheureusement, sans mettre en doute la probité des intéressés, qu’il ne soit pas toujours impartial.
Car le pouvoir qui est donné aux collègues de l’administration devient l’équivalent de celui d’un jury de concours et il faudra, pour l’assumer avec constance, de solides convictions, de grandes certitudes et une bonne dose d’humilité.
Le barème lui, permet d’établir un classement et, comme pour la hors classe, de proposer ceux qui ont le plus grand nombre de points, en limitant les oublis ou l’indifférence et donc les injustices.

Nous attirons aussi votre attention sur le cas des collègues qui exercent dans le supérieur et n’ont pas la chance de bénéficier de l’avis argumenté d’un IPR ou de l’appui motivé du chef d’établissement.

Nous avons par ailleurs remarqué que 9% des postulants sont des PLP, Professeurs de Lycée Professionnel, mais qu’aucun n’est proposé. Ont-ils vraiment une chance quand on voit que pas un n’a d’avis « très favorable » de l’inspecteur alors qu’ils cumulent le plus fort taux de « défavorable » ou « réservé » ?
Pourquoi sont-ils écartés systématiquement alors que le concours qu’ils ont réussi leur permet de postuler au même titre que les certifiés ?
Nous aimerions, lors de l’examen des dossiers, constater que les inspecteurs et les chefs d’établissement ont porté toute l’attention nécessaire aux demandes des collègues.
Il peut être très humiliant pour un enseignant de voir sa candidature rejetée sans que l’autorité ait jugé nécessaire d’en justifier les raisons. Certains collègues vivent très mal ce manque d’égards pour leur dignité et leur amour propre.

Nous finirons en remerciant les services du rectorat pour nous avoir fourni en temps utile des documents de qualité, nécessaires à la tenue de cette CAPA.

La liste d’aptitude est de toutes les commissions, hors mouvement, celle qui nous mobilise le plus intensément, même si au final, et nous le déplorons, le nombre des collègues promus ne représente qu’une infime partie des cas examinés.

Merci de votre attention.