CAPA de promotion à la hors classe des agrégés 2015

mercredi 29 avril 2015
par  Santiago Alonso
popularité : 1%

Pour l’année scolaire 2014-2015, sont promouvables à la hors classe des agrégés, sans avoir à faire acte de candidature, les personnels en activité, mis à disposition, ou en détachement, ayant atteint le 7ème échelon de la classe normale à la date du 31/08/2015.

Cette promotion est sans aucune incidence sur la nature ou l’organisation de nos services.
Elle offre cependant un réel intérêt financier aux collègues qui en atteignent le 6ème échelon, soit l’indice de traitement (INM) 881, équivalant au 11ème avec 4 ans d’ancienneté.
Les promus à partir du 9ème ou 10ème gagneront quant à eux, 6 mois par échelon sur le rythme d’avancement au grand choix de la classe normale.

Pendant des années nous avons dénoncé et combattu la prépondérance du choix au « mérite », évalué encore aujourd’hui sur des critères obscurs et parfois contestables par la hiérarchie d’encadrement.
En 2014, sous la pression de la FSU (SNES, SNEP et SNESup), la note ministérielle avait changé les modalités d’inscription au tableau d’avancement en donnant une priorité aux collègues ayant atteint 4 ans d’ancienneté au 11ème échelon, sous certaines conditions.
La note de service publiée au BO le 1er janvier 2015, confirme sans équivoque que "tous les professeurs agrégés dont la valeur professionnelle est reconnue ont vocation à bénéficier de cet avancement avant la fin de leur carrière". La ministre reconduit l’obligation faite aux rectrices et recteurs de proposer, hors classement au barème, « la totalité des enseignants qui ont atteint le dernier échelon de la classe normale depuis au moins quatre ans, et dont on juge les mérites suffisants pour leur attribuer une appréciation au moins « très honorable ».
En période de restrictions et de compressions budgétaires, la stratégie de notre administration de tutelle sera naturellement de limiter au maximum les répercussions que pourrait avoir sur la masse salariale un trop grand nombre de promotions à effet immédiat. Prenant comme principal critère de choix l’affirmation de l’excellence pédagogique elle s’efforcera d’attribuer l’avis « exceptionnel » le plus souvent possible à des collègues moins avancés dans la carrière.
La revendication essentielle des syndicats de la FSU, en ces temps de précarisation des emplois, de stagnation des salaires et de baisse du pouvoir d’achat, sera à l’inverse, de faire bénéficier de cette augmentation substantielle de leur traitement tous les collègues en fin de carrière, avant leur départ à la retraite.
Les préconisations de la note de service ministérielle, sont autant de contraintes auxquelles doit se soumettre notre recteur et on voit cette année se dégager un apparent rééquilibrage des propositions entre les enseignants encore jeunes et les plus anciens, tous aussi méritants les uns que les autres.
Les collègues au 11ème échelon, soit presque 18 % des 452 promouvables, représentent un peu plus de 60 % des 91 proposés par le recteur. Les collègues au 10ème qui sont eux 28 % des effectifs de l’académie, comptent pour 38.5% des inscrits.
Ces chiffres dénotent une évolution de la situation dans un sens en apparence positif puisque les possibilités de promotion des collègues en fin de carrière sont fortement revues à la hausse.
Il n’en reste pas moins que l’inscription au tableau d’avancement d’un fort taux de collègues au 10ème échelon limite d’autant les chances de promotion de collègues plus anciens. Ce qui est en soi regrettable. Mais il y a pire. En vertu du principe très contestable d’émulation qui affirme qu’une forte motivation poussera le fonctionnaire à remplir au mieux sa mission, on en arrive à décourager la bonne volonté du plus grand nombre. A toujours promettre, en échange d’un plus grand engagement, d’une plus grande implication dans le travail, dans les tâches du quotidien et les missions annexes, une valorisation de carrière qui tarde à venir, on fabrique des déçus, des oubliés et des laissés pour compte.
C’est ainsi que de plus en plus de collègues se plaignent de l’administration qui n’honore pas ses promesses et menacent de se désengager puisqu’elle rechigne à reconnaître leur « mérite » en ne les payant pas de retour. Lors de nos interventions en CAPA pour mettre à jour le côté pervers de cet « effet placebo » consistant à proposer à la CAPN des collègues tout en s’assurant qu’ils ne seront pas promus, nous avons réaffirmé notre préférence.
Nous revendiquons l’avancement de tous au même rythme et l’accès de l’ensemble des personnels au dernier échelon de la hors classe avant la fin de leur carrière.